Un québécois à l’ErepDay 2014

J’ai eu la chance (on remercie par ailleurs Les Offices jeunesse internationaux du Québec pour le soutien financier, voilà c’est fait!) de me rendre à Mulhouse, en Alsace, le 19 juin dernier afin de participer à la 4e édition de l’Erepday, un colloque entièrement dédié aux questions d’e-réputation et de community management (gestion de communautés comme on dit par chez nous).

Et oui, il fallait bien voyager plus de 5 000 kilomètres, traverser un océan et affronter une grève de cheminots (une grève en France? pas croyable) afin d’assister à un tel événement en compagnie de centaines de professionnels de différents horizons (nous étions près de 500 plus précisément), tous réunis pour apprendre, échanger et s’inspirer face aux enjeux de l’e-réputation.

erepday_2014_la-foule

D’abord, des félicitations sont de mises aux organisateurs de l’événement : Christophe Thill et toute l’équipe de Blueboat, ainsi que l’équipe d’ADN Contents. Outre le succès de foule et la qualité des intervenants, notons la qualité de la mise en scène. Un beau décor, une grande variété de formats de conférences qui ajoute du dynamisme à la journée (tables rondes, entrevues, etc.), des petits jeux interactifs pour engager l’auditoire. C’était bien pensé, et impeccablement réalisé. Bravo !

Maintenant, au-delà des artifices et d’un beau contenant, il faut aussi dire que le contenu était à la hauteur des attentes. La variété était au rendez-vous alors qu’on a touché à presque toutes les thématiques liées à l’e-réputation : le SEO mobile, la social-TV, les stratégies d’influences, le big data, le design et l’expérience utilisateur, etc.

 

Certaines conférences étaient bien sûr plus marquantes que d’autres. À ce sujet, voici mon top 3 des conférences, ainsi que les apprentissages importants que j’en ai tirés.

Camille Alloing : Pourquoi les mythes et légendes de l’e-réputation ont la vie dure ? (présenté par Frédéric Martinet)

L’e-réputation n’est pas un concept simple et il faut résister à la tentation de trop vouloir le simplifier. D’abord, ce concept est influencé par plusieurs variables humaines, variables constituant la personnalité de chacun d’entre nous. Elle est mesurable, mais en faire des interprétations globales est insensé. Il est donc primordial de porter une attention particulière au contexte et éviter de faire des généralisations.

Interview de Ghislain Faribeault de Marc Dorcel et Dorcel TV

Pour les amis québécois qui connaissent peut-être moins ses œuvres, Marc Dorcel est, on peut dire, le roi du porno français. M. Faribeault nous a démontré comment il a pu développer la notoriété de sa marque et fidéliser sa clientèle grâce à des actions osées et ingénieuses sur les médias sociaux. Avec les médias sociaux, il faut avoir la bonne attitude. Oui, il faut savoir prendre des risques. Non, toutes vos idées ne seront pas nécessairement des grandes réussites. Mais en bout de ligne, vous ne claquerez jamais de coups de circuit si vous ne vous élancez jamais (ne cherchez pas trop pourquoi j’utilise une analogie de baseball, ça m’est juste venu comme ça).

Nicolas Vanderbiest : Vers un sense-making des crises 2.0

Je connaissais déjà un peu Nicolas pour le suivre sur Twitter depuis plus d’un an (@Nico_VanderB). Il décortique les crises dans les médias sociaux comme pas un. Sa conférence allait en ce sens, en jetant la lumière sur ce qu’il considère être les 5 sens d’une crise dans les médias sociaux :

  • L’importance d’identifier les actifs en jeux (sommes-nous réellement en situation de crise ?)
  • L’importance d’aller au-delà du bruit (certaines personnes font beaucoup de bruits, mais peu de dommages au final)
  • L’importance de tirer les vrais enseignements (il faut savoir prendre le temps de poser un véritable diagnostic)
  • L’importance du détail (tout est dans le détail, il devient même un prétexte qui sert d’appât pour obtenir de la visibilité)
  • L’importance pour une organisation d’être ouverte sur le monde qui l’entoure (ou l’importance de suivre l’actualité et de s’imprégner de la culture ambiante afin d’éviter des crises inutiles)

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Définitivement, un tel événement devrait avoir sa place à Québec dans les prochaines années, principalement en raison du manque criant de sensibilisation des Québécois face à ces enjeux, ainsi qu’à leurs craintes d’exploiter les réseaux sociaux à leur plein potentiel. Ces événements agissent comme une étincelle qui pourrait stimuler l’audace et la détermination des entreprises québécoises à ce niveau.

Alors, qu’en pensez-vous ? Un ErepDay à Québec pour 2015 ?